Samuel Beckett
Thierry Robin, John Banville, Jean-Michel Rabaté
À l’évocation du nom de Samuel Beckett (1906-1989), ce sont les silhouettes
de deux clochards dépenaillés et magnifiques qui viennent immédiatement à l’esprit.
En effet, pour la postérité, Beckett restera avant ...
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Détails
À l’évocation du nom de Samuel Beckett (1906-1989), ce sont les silhouettes
de deux clochards dépenaillés et magnifiques qui viennent immédiatement à l’esprit.
En effet, pour la postérité, Beckett restera avant tout l’auteur d’En attendant Godot.
Et plus généralement un auteur dramatique. Il faut dire que la première représentation
de cette pièce, en 1953, a été l’occasion d’une des plus grandes déflagrations
de l’histoire du théâtre. Beckett s’est imposé très vite comme l’initiateur d’un théâtre
d’un type nouveau, dont l’ambition serait désormais de faire voir l’invisible.
Il refuse un art qui se contenterait d’être, comme le théâtre traditionnel, représentation.
Le théâtre nouveau devient, avec Beckett, un art de la pure présence.
À chaque nouvelle pièce, il aura tenté de réaliser toujours mieux cette ambition.
On peut trouver étrange, pourtant, de réduire ainsi une œuvre immense et protéiforme,
solitaire s’il en est, bilingue de plus, faite de nouvelles et de romans,
de pièces de théâtre d’envergure et de « dramaticules », de proses au statut
parfois incertain et de poèmes sans pareils. Et d’une correspondance immense.
C’est oublier, en particulier, que Samuel Beckett a inventé un langage romanesque
nouveau où l’humour et la dérision ont leur place en même temps
qu’un certain tragique de l’écriture. Et, dans tous les genres qu’il a abordés,
se dessine un nouveau rapport aux personnages. Ceux-ci en effet, chez Beckett,
soumis à un dépouillement toujours plus grand, sont pris dans des corps vus davantage
comme des obstacles que comme des possibilités. Dans cet état de délabrement,
ce qui demeure, c’est la parole. Une parole loin de toute forme de communication,
mais qui permet bien plutôt à l’être de se manifester.
Le présent numéro d’Europe propose des approches nouvelles et originales
sur une œuvre qu’on ne finira jamais, à chaque lecture, de redécouvrir.
Une œuvre en laquelle on a pu voir avant tout « une épopée du langage,
une aventure de mots ».
Textes de Robin Wilkinson, John Banville, Jean-Michel Rabaté, Thierry Robin,
Gabriel Josipovici, Jean-Michel Gouvard, Llewellyn Brown, Stanley E. Gontarski,
Matthieu Protin, Barbara Bray, Marek Kedzierski, Mégane Mazé, Maylis Besserie,
Denis Lavant, Alice Clabaut, Judy Hegarty Lovett, Hélène Lecossois,
Pascale Sardin, Yann Mével.
de deux clochards dépenaillés et magnifiques qui viennent immédiatement à l’esprit.
En effet, pour la postérité, Beckett restera avant tout l’auteur d’En attendant Godot.
Et plus généralement un auteur dramatique. Il faut dire que la première représentation
de cette pièce, en 1953, a été l’occasion d’une des plus grandes déflagrations
de l’histoire du théâtre. Beckett s’est imposé très vite comme l’initiateur d’un théâtre
d’un type nouveau, dont l’ambition serait désormais de faire voir l’invisible.
Il refuse un art qui se contenterait d’être, comme le théâtre traditionnel, représentation.
Le théâtre nouveau devient, avec Beckett, un art de la pure présence.
À chaque nouvelle pièce, il aura tenté de réaliser toujours mieux cette ambition.
On peut trouver étrange, pourtant, de réduire ainsi une œuvre immense et protéiforme,
solitaire s’il en est, bilingue de plus, faite de nouvelles et de romans,
de pièces de théâtre d’envergure et de « dramaticules », de proses au statut
parfois incertain et de poèmes sans pareils. Et d’une correspondance immense.
C’est oublier, en particulier, que Samuel Beckett a inventé un langage romanesque
nouveau où l’humour et la dérision ont leur place en même temps
qu’un certain tragique de l’écriture. Et, dans tous les genres qu’il a abordés,
se dessine un nouveau rapport aux personnages. Ceux-ci en effet, chez Beckett,
soumis à un dépouillement toujours plus grand, sont pris dans des corps vus davantage
comme des obstacles que comme des possibilités. Dans cet état de délabrement,
ce qui demeure, c’est la parole. Une parole loin de toute forme de communication,
mais qui permet bien plutôt à l’être de se manifester.
Le présent numéro d’Europe propose des approches nouvelles et originales
sur une œuvre qu’on ne finira jamais, à chaque lecture, de redécouvrir.
Une œuvre en laquelle on a pu voir avant tout « une épopée du langage,
une aventure de mots ».
Textes de Robin Wilkinson, John Banville, Jean-Michel Rabaté, Thierry Robin,
Gabriel Josipovici, Jean-Michel Gouvard, Llewellyn Brown, Stanley E. Gontarski,
Matthieu Protin, Barbara Bray, Marek Kedzierski, Mégane Mazé, Maylis Besserie,
Denis Lavant, Alice Clabaut, Judy Hegarty Lovett, Hélène Lecossois,
Pascale Sardin, Yann Mével.
Caractéristiques
- Code EAN / ISBN : 9782351501481
- Edition : EUROPE
- Auteur : Thierry Robin, John Banville, Jean-Michel Rabaté
- Langue : Français
- Collection : REVUE EUROPE
- Marque éditoriale : REVUE EUROPE
- Date de publication : 30/10/2025
- Dimensions : 210 mm x 130 mm x 20 mm
- Type de produit : Non défini
- Neuf/Occasion : Neuf
- Format : Non défini
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