Entretien avec Marie Vareille, finaliste du Prix Maison de la Presse 2024
Bonjour, je suis Marie Vareille, je suis autrice, j’ai 39 ans, j’habite aux Pays-Bas et je suis aussi la maman de deux petites filles.
Parlez-nous de votre livre
« La dernière allumette » c’est mon septième roman adulte, parce que j’écris aussi un petit peu pour la jeunesse, pour les ados. C’est l’histoire d’un frère et d’une sœur, Abigaëlle et Gabriel qui ont grandi ensemble dans un foyer avec un papa qui était assez gentil avec eux, surtout avec la petite dernière qui est sa chouchoute mais qui frappait régulièrement leur maman. Et l'idée, c'est de voir comment on grandit et quel adulte on devient quand on a eu cette enfance-là. Et ce livre, il est né d'une statistique que j'ai lu, qui m'avait profondément choquée, qui était que trois enfants sur quatre qui naissent dans un foyer où il y a de la violence conjugale, trois sur quatre à l'âge adulte, ils deviennent soit eux-mêmes violents avec leur conjoint, soit victimes d'un conjoint violent. Et ça pose toute la question de la reproduction, est-ce qu'on peut guérir de son enfance ? Est-ce qu'on est obligé finalement de reproduire les erreurs de nos parents ou est-ce qu'il y a un autre chemin qui est possible ?
Que représente cette place en finale du Prix Maison de la Presse ?
C'est un immense honneur pour moi d'être finaliste du prix Maison de la Presse. Je ne suis pas qu’autrice, je suis aussi lectrice et en tant que lectrice, le prix Maison de la Presse est un prix que j'attends tous les ans depuis des années et dont je lis toujours le lauréat et qui m'a permis de découvrir des auteurs que je continue de suivre. Donc c'est vraiment une très grande joie et une très grande fierté. Et en plus, comme je suis quand même un peu stressée en attendant les résultats finaux donc j'ai du mal à dormir la nuit et donc j'ai pu lire tous les livres de la sélection et c'est une super sélection. Ce que je trouve génial en fait, c'est que tous les livres sont complètement différents les uns des autres. Les six romans qui ont été proposés et ça c'est quand même super.
Un mot pour vos lecteurs et les Maison de la Presse ?
Un grand merci à tous les libraires et les lecteurs qui ont porté ce roman, déjà, jusqu'ici. Parce que ça prouve que ce livre, qui est quand même important pour moi et qui parle de choses qui me touchent beaucoup et j'ai envie qu’il ait un écho. Et le fait déjà qu'il y ait d'autres gens qui aient voulu le défendre, qui aient voulu en parler, le recommander à des lecteurs, etc. Ça m'émeut beaucoup parce que ça prouve que c'est un sujet qui touche beaucoup de gens et que donc peut-être c'est un sujet sur lequel on peut changer les choses. Et puis, indépendamment de « La Dernière allumette » spécifiquement, de toute façon, un auteur n’est rien sans les libraires. Donc merci à tous les libraires du réseau Maison de la Presse, de défendre mes romans et de me permettre d'écrire.
Merci à Marie Vareille !