Retrouvez l’intégralité de l’interview en vidéo de l’écrivain Alexis Brocas, et la présentation de son dernier roman sorti le 11 août 2022, aux éditions Presse de la cité : Il n’y a jamais de meurtre en l’île.

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Extraits de l’entretien avec Alexis Brocas, auteur du livre Il n’y a jamais de meurtre en l’île

Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Je m’appelle Alexis Brocas, auteur de plusieurs romans. J'ai notamment écrit des romans littérature jeunesse ou pour les grands, et je publie mon premier polar aux Presses de la Cité : Il n’y a jamais de meurtre en l’île. Je suis par ailleurs journaliste au journal Lire et j’enseigne un petit peu à la Sorbonne.

Parlez-nous de votre nouveau roman « Il n’y a jamais de meurtre en l’île »

Ce polar raconte l'histoire de quatre amis d'enfance qui se sont connus pendant les vacances ; qui se voyaient tous les ans ; qui formaient une petite bande et puis qui se sont perdus de vue pendant des années. Ils ont tout connu, en fait, à l'âge de la quarantaine. Des drames : ça peut être un divorce pour l'un, ça peut être un sérieux dérapage professionnel pour un autre, ça peut être une dépression pour le troisième. Ces drames les ont amenés à quitter leur vie et à revenir vers l'endroit où ils étaient heureux ; celui où ils passaient leurs vacances. Et sans se concerter ils se sont retrouvés des années plus tard, à l'île de Ré.

Ils forment cette petite bande qui suit son petit chemin jusqu'à ce que l'un des personnages, un jour, à la suite d'une soirée, se fâche, quitte la bande, prend une piste cyclable de nuit et là, et bien, il se fait assassiner. Ces trois camarades qui ne sont pas du tout enquêteurs vont essayer d'éclaircir le mystère de sa mort. Ils vont d'autant plus essayer de l'éclaircir qu’on leur donne des raisons complètement débiles pour expliquer la mort de leur meilleur copain.

Ils vont se lancer dans une forme d’enquête policière, sauf qu’ils ne sont pas du tout des policiers professionnels et qu'ils vont commettre un certain nombre d’erreurs. Ils vont suivre des pistes que de vrais policiers n’auraient pas suivi, mais on va voir où ça va les mener...

Pourquoi avoir choisi l’île de Ré ?

J’ai choisi ce lieu parce que c’est peut-être le lieu que je connais le mieux sur cette Terre. J’ai passé mes vacances à l’île de Ré de 0 à 48 ans, ma grand-mère habitait l’île de Ré, ma famille a commencé à aller là-bas, à la génération de mon arrière-grand-mère. Par ailleurs, l’île de Ré, ce n’est pas n’importe quel endroit. C’est un endroit où l'on se sent protégé des violences du monde moderne. Il y a une très belle lumière à l’île de Ré qui ressemble à ces lumières qu’on voit sur les meubles anciens lorsqu’ils sont tapissés de feuilles d’or et que ces feuilles d’or ont pris un peu de poussière et de patine... Et cette lumière qui dit à la fois l'été, la joie et qui dit aussi le souvenir, je l'associe aussi à ma grand-mère qui a été d'une grande gentillesse avec moi toute sa vie ; elle m’a notamment appris à lire donc je lui dois énormément.

Comment vous a été inspirée cette histoire ?

Dans ma jeunesse, il y avait les ruines de cette abbaye qui s'appelle l'abbaye des Châteliers, qui est très ancienne et qui a été dévastée au 17e siècle. Il y a ma fascination pour les remparts de Saint-Martin. Quand je vais à l'île de Ré, tous les soirs je fais le plein le long des remparts. Ensuite, il y avait mes amis d'enfance, bien sûr, c'est-à-dire que j'avais moi-même une grosse bande d'amis à l'île de Ré avec lesquels j'ai fait les 400 coups, 400 coups que j'ai abondamment exploité ici parce qu'il fallait bien en faire quelque chose, et puis ma grand-mère. Le fait aussi que la perte de ma grand-mère, morte à 96 ans, mais si vous voulez c'est la dame qui m'a appris à lire quand même ; c'est celle qui me lisait des Tintin quand j'avais trois-quatre ans à l'île de Ré. Et elle avait par ailleurs une langue bien pendue et une sorte de génie du sarcasme.

L’amitié est-elle une thématique qui vous est chère ?

C'est une thématique qui m'est chère ; j'ai déjà mis en scène des amitiés très fortes. Soit mes personnages sont des purs solitaires et ils en souffrent et en même temps ils ne croient plus aux relations humaines, soit au contraire ils se raccrochent à ça parce que le reste s'écroule. J'ai connu moi-même des petites catastrophes existentielles et j'ai donc pu faire l'expérience de la solidité de l'amitié et de son importance dans ces moments-là.

Que représentent pour vous nos magasins Maison de la Presse ?

Ça me ramène aussi à l'île de Ré parce qu'il se trouve que la librairie de Saint-Martin, qui s'appelle aujourd'hui Grand Largue, a été pendant très longtemps une Maison de la Presse. Et dans mon enfance, j'y passais beaucoup de temps, parce qu’ils étaient assez sympa pour me laisser lire les BD ou lire les débuts de Stephen King… Cette Maison de la Presse était vraiment le lieu de toutes mes abondances parce qu’il y avait toutes mes séries de BD gigantesques avec tous les albums. Il y avait aussi des livres de mes auteurs préférés qui effrayaient un peu mes parents parce qu’ils n’étaient pas fan de l'idée qu'à 12 ans on lise Lovecraft ! J’aimais bien l’épouvante, j’aimais bien Stephen King, j’aimais bien aussi la science-fiction très poétique de Bradbury et ils étaient tous là, dans la Maison de la Presse de Saint-Martin…

Qui est Alexis Brocas ?

Alexis Brocas, né à Paris en 1973, est un journaliste et auteur parisien. Il travaille comme critique littéraire pour le Figaro Magazine et le journal Lire. En outre de ses activités principales, il enseigne à la Sorbonne pour transmettre ses savoirs.

Spécialisé dans les romans pour les jeunes et pour les plus grands, il publie son premier roman "Je sais que je ne suis pas seul" en 2007. Il est l’auteur d’une saga à succès pour adolescents "La mort j’adore !" ou encore "La vie de jardin" en 2015. En août 2022, il publie son premier Polar aux Presses de la Cité "Il n’y a jamais de meurtre en l’île".