Entretien avec l'auteure : Tatiana de Rosnay
Retrouvez l’intégralité de l’interview en vidéo de l’écrivaine Tatiana de Rosnay, et la présentation de son dernier roman sorti le 14 septembre 2022, aux éditions Robert Laffont : Nous irons mieux demain.
Extraits de l’entretien avec Tatiana De Rosnay, auteure du livre Nous irons mieux demain
Pouvez-vous nous parler de votre parcours d’écrivaine ?
Je suis franco-britannique, j’écris dans les deux langues. Je suis venue assez tôt à l’écriture, à l’âge de 10 ans. J’ai heureusement été encouragée par ma famille. Et puis j’ai finalement publié assez tard, vers 30 ans. Mes livres n’ont pas eu vraiment de succès avant la parution de Elle s’appelait Sarah en 2007.
Mon parcours : j’aime bien explorer dans mes livres ce qu’on n’ose pas se dire. J’aime bien sonder la noirceur de l’âme humaine, mais j’ai appris depuis peu à aller vers la lumière. Donc ce nouveau livre va vers la lumière.
Parlez-nous de votre nouveau roman Nous irons mieux demain.
C’est l’histoire d’une jeune femme qui va aller mieux, qui est sous l’emprise de plusieurs facteurs déstabilisants dans sa vie. Elle va rencontrer d’une façon fracassante lors d’un accident, une personne, une certaine Dominique, une femme particulière qui va vraiment la sortir de sa zone de confort. J’ai voulu ici explorer ce que l’on ressent au contact de quelqu’un de très différent qui vous emmène ailleurs. Mais j’ai voulu aussi parler d’un certain Émile Zola, qui est très important pour moi, donc Émile Zola est également dans ce roman.
Pourquoi avoir choisi l’univers d’Émile Zola ?
Je n’avais pas du tout prévu de le faire rentrer dans ce livre, et c’est lui qui est venu frapper à ma porte. Je rassure tout de suite mes lecteurs, ceux qui n’ont pas lu Emile Zola n’ont pas besoin d’aller se précipiter sur toute la série des Rougon-Macquart. Puisque Candice, ma jeune héroïne, n’a jamais lu Émile Zola non plus. Elle en garde d’ailleurs des souvenirs un peu ennuyeux. Mais il entre dans ce livre par la voie de sa vie intime. Mon but, c’est qu’à la fin de la lecture de mon roman, mon/ma lecteur/lectrice n’ait qu’une envie : se précipiter sur les œuvres d’Émile Zola.
Comment vous a été inspirée cette histoire ?
Ce roman est venu au monde de façon très particulière en 2020. Je venais de faire paraître un roman, qui s’appelait Les fleurs de l’ombre, et tout a été stoppé. Je n’ai pas pu faire ma promotion, je n’ai pas pu partir à la rencontre de mes lecteurs. Puisque nous étions enfermés chez nous, et que les librairies étaient fermées. Et donc j’ai fait la seule chose qui m’a semblé bénéfique de faire, c’est à dire écrire.
L’idée d’un polar assez manichéen où une femme inquiétante et déstabilisante “mange” une autre plus fragile. Je me suis plutôt intéressée à l’emprise d’une autre façon. J’ai été embarquée par mes deux héroïnes : l’attachante et fragile Candice, cette jeune femme de 28 ans, ingénieure du son dont la vie va vraiment changer après avoir été témoin de ce terrible accident de la route, puis Dominique Marquisan, cette étrange femme, assez fascinante, que les gens soit détestent ou adorent, qui ne met personne d’accord.
C’est aussi l’histoire d’une jeune femme qui va enfin comprendre qui elle est vraiment et qui va couper certains cordons...
En tout cas, ce livre m’a fait énormément de bien. C’est un livre qui est né dans le cœur noir de la pandémie et du confinement, mais qui va vers la lumière avec mon héroïne donc, moi, il m’a fait du bien et je vais beaucoup mieux !
Par quel roman d’Émile Zola nous conseillez-vous de découvrir son œuvre ?
Je vous conseille, si vous avez peur d’attaquer les Rougon Macquart, Thérèse Raquin, qui est un de ses premiers romans, qu’il a écrit à l’âge de 27 ans. Ce livre a fait l’effet d’une bombe quand il est sorti. Il raconte l’adultère brûlant et dévastateur, entre une sage jeune femme, Thérèse et un jeune homme qui est l’ami de son mari. Tout se passe dans une boutique noiraude au fin fond d’un passage à Paris, une petite mercerie.
Que représentent pour vous nos magasins Maison de la Presse ?
Pour moi la Maison de la Presse, c’est une histoire de vacances, puisque c’est toujours sur mes lieux de vacances que j’y vais. J’adore l’odeur dans ce genre de magasin, mais il y a tout. Il y a déjà des livres, une passion pour la romancière en herbe que j’étais. Mais aussi toutes sortes de choses, des cartes postales, des objets pour écrire, des enveloppes, des magazines… C’est un lieu de perdition merveilleux, où je me rends encore avec beaucoup de joie, et je continuerai à le faire, évidemment !
Qui est Tatiana de Rosnay ?
Tatiana de Rosnay est née le 28 septembre 1961, à Neuilly-sur Seine. Son père est français, sa mère, est anglaise. A la fois élevée à Boston (Angleterre) et à Paris, elle se décrit comme étant « franglaise ». Une fois ses études littéraires terminées en Angleterre, à East Anglia, Tatiana a travaillé à Paris comme journaliste pour Vanity Fair, Psychologies Magazine, Elle et enfin JDD.
L’écrivaine publie son premier roman L’appartement témoin, en 1992. Depuis elle a publié une quinzaine d’œuvres dont Elle s’appelait Sarah, énorme succès, vendu à onze millions d’exemplaires dans le monde et porté à l’écran par Gilles Paquet Brenner en 2010.
Suite à ce succès, elle publie la biographie de sa romancière préférée, Daphné du Maurier, en 2015, Manderley for ever qui a été nominé pour le Goncourt de la biographie 2015 et gagnant du prix de la biographie d’Hossegor 2015.
En 2018, elle publie aux Éditions Michel Lafon, en collaboration avec sa fille photographe, Charlotte Jolly de Rosnay, la vie de Tamara de Lempicka, Tamara par Tatiana.
Certains de ses livres sont traduits dans plusieurs pays tel que Sentinelle de la Pluie, sorti en 2019. Elle revient en 2022 avec un roman Nous irons mieux demain, à découvrir en magasin et dès maintenant en ligne.
Être bilingue permet à Tatiana de Rosnay d’écrire également certains de ses romans en anglais et d’autres en français. Elle figure alors sur la liste des romanciers français les plus lus à l’étranger, notamment aux Pays-Bas et aux Etats-Unis.